40 personnalités du département lancent un appel en faveur de la PMI du 93, signons-le et diffusons-le largement

Appel en faveur de la PMI de Seine-Saint-Denis

La PMI, un service de prévention et de santé publique
dont la Seine-Saint-Denis ne peut pas se passer

La PMI de Seine-Saint-Denis est un acteur majeur de la santé des enfants, des familles et des jeunes du département depuis 50 ans.La Seine-Saint-Denis cumule de nombreux facteurs d’inégalités de santé : deux fois plus de foyers à bas revenu qu’en France, un taux de familles monoparentales supérieur de 45%, un tiers de chômage de plus, un taux de personnes peu ou pas diplômées supérieur de 60%, une proportion presque double de logements « indignes » dans le parc privé, une part de personnes de nationalité étrangère trois fois plus élevée. L’indicateur de développement humain(1) de la plupart des communes y est particulièrement défavorable comparé à celles d’Ile-de-France. Le taux de lits hospitaliers est inférieur d’un tiers à celui du pays, la densité de médecins généralistes est de 20% moindre de même que celles des pédiatres et des gynécologues et obstétriciens, celle des sages-femmes affiche un déficit de 40% et celles des orthophonistes de 30%, le taux d’équipement en psychiatrie infanto-juvénile est aux deux-tiers de celui de l’hexagone.Pour autant la vitalité démographique du département n’est plus à démontrer avec une augmentation des naissances annuelles de 23 000 à 30 000 en 15 ans, et un indice de fécondité supérieur de 25% à celui de la France. La Seine-Saint-Denis est également un des plus jeunes départements de France (un tiers de jeunes enfants et 20% de mineurs de plus qu’en France). Mais il présente des taux de mortalité périnatale et infantile de 30 à 50% plus élevés que la moyenne française. Les besoins en termes de services de santé en Seine-Saint-Denis sont donc particulièrement importants à la lumière du double constat des inégalités de santé et de la vitalité démographique dans le département.

Dans ce contexte, depuis près de 50 ans, le dispositif de PMI et de planification familiale a pris une place prépondérante dans le champ de la santé maternelle et infantile en Seine-Saint-Denis. Le service départemental de PMI a déployé un dense réseau de structures de quartier et hospitalières, il pratique chaque année près de 350 000 actes médicaux dont 180 000 auprès d’enfants de moins de 6 ans et plus de 100 000 auprès des femmes enceintes. Ses réalisations sont avérées avec par exemple, des taux de couverture vaccinale particulièrement élevés (rougeole, méningite C) au regard des moyennes nationales, de nombreux programmes de santé publique (lutte contre le saturnisme, la mort inexpliquée du nourrisson, l’obésité, la mortalité et la morbidité périnatales, les violences faites aux femmes et aux enfants,…), des projets sans cesse innovants comme dans le champ du handicap, des réseaux périnataux de proximité, de la santé sexuelle et de la contraception, de l’IVG médicamenteuse, du soutien à la parentalité, de l’éveil culturel et artistique des tout-petits, de l’accès aux droits.

Cependant plusieurs signaux laissent actuellement planer une grave incertitude sur la capacité du service de PMI à maintenir à l’avenir sa large pratique d’accès aux soins préventifs, sa vitalité et sa créativité en santé publique : nombreux lieux où les consultations de prévention ou les bilans de santé ne peuvent plus être assurés en partie ou totalité faute de médecins et d’autres professionnels de santé, défaut d’attractivité des métiers, niveau insuffisant de financement de la PMI de la part des contributeurs extérieurs au département, projets de regroupement de centres de PMI au risque d’un moindre maillage du territoire pourtant facteur de cohésion sociale…


Nous alertons sur les difficultés actuelles de la PMI de la Seine-Saint-Denis
et nous rappelons qu’elle est un service de prévention et de santé publique
dont le département ne peut se passer.

Elle doit aujourd’hui comme demain demeurer en mesure d’apporter sa contribution irremplaçable à la santé des femmes, des enfants, des jeunes et des familles du département, son modèle de prévention orienté sur les déterminants de santé au sens large(2) doit être préservé.

Nous appelons l’ensemble des institutions concernées (Département, Etat et ARS, CPAM) à se réunir pour apporter les réponses concrètes nécessaires en ce sens, chacune dans son domaine de compétences et de responsabilités : démographie et formation des professionnels, financement, rémunérations et mesures statutaires, maillage territorial,…

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